dimanche 24 avril 2016

Archipel des Canaries : île Graciosa

Séjour à la Graciosa, du 11 au 22 novembre 2013.


L’île Graciosa est une miniature de sa grande sœur Lanzarote, 6km de long sur 3 de large. Elle est déserte et aride, décor dépaysant dans lequel on s’attend à voir passer des caravanes de chameaux, et des touaregs. Partout du sable, des volcans, des pierres, de la poussière, un air très sec et quelques jolies plages. Elle fait partie d’une réserve naturelle. L’île est un havre de paix, et offre un séjour hors du temps.
Le mouillage est autorisé à la Playa Francesa, mais interdit dans les deux autres baies, de part et d’autre de la Cala Francesa, de toute façon il y’a peu de fond, et beaucoup de cailloux, à éviter donc. Et ne pas oublier les marées !


Le mouillage de la Playa Francesa

Superbe mouillage au pied du volcan Amarilla à la face jaune doré, pointe sud de l’île Graciosa. Pourquoi ce nom ? Apparemment c'est un mouillage connu des navigateurs français depuis longtemps. Beaucoup font escale ici.







mini canyons et ravines de sable entre la plage et le volcan, preuve qu'il doit pleuvoir très fort quelquefois








Attention à la marée lorsqu’on met l’ancre et l’orin et surtout quand on débarque en annexe sur la plage. Nouvelle donnée à prendre en compte pour nous 'méditerranéens'.






Le long de la côte, entre la Playa Francesa, et le village.














Le village s’appelle ‘Caleta del Sebo’, il est typique, maisons blanches aux volets et portes bleues. S'y trouvent es
sentiellement des pêcheurs, petits magasins : supermarché, bazar, souvenirs, boulangerie, et quelques restaurants et bars sur le port. Les touristes arrivent tous les jours par navette depuis Lanzarote. Pas de véritable route, que des pistes ensablées, les touristes peuvent louer des vélos, sinon on fait tout à pied.
Peu de voiture, juste quelques 4x4 et pick-up appartenants aux habitants du village.



Le jardin le plus beau du village : cactus, décors, pierres volcaniques








une erreur verte : sans doute rupture de stock de peinture bleue...





Le Bar wifi
Connu de tous, situé dans le village et non sur le port. Le patron est uruguayen, lui comme ses employés sont très sympas. Même si le bar est fermé, on peut se connecter au wifi, tables en terrasse, il faut juste ne pas oublier de se munir d’une grosse veste, l’endroit étant venté.
Ambiance sympa, on se retrouve là avec nos PCs ou tablettes, on papote, on prend un café, certains essaient de faire des vidéos, d’envoyer des fichiers… la connexion est plutôt bonne (ça dépend si on est nombreux ou pas) mais ce n’est évidemment pas ‘comme à la maison’. 





Le port

Le ‘puerto de la Sociedad’ est un petit port charmant. Seulement 2 pontons pour les voiliers de passage, un seul pour les gros voiliers de voyage comme nous, car peu de fond.
Côté rivage, le port se termine par une plage et des rochers. L’eau est très claire et propre.
Avec le village, ses maisons blanches, et les volcans en arrière plan de l’île Graciosa, le décor est splendide. Et en face, on a vu sur les falaises du nord de Lanzarote, derrière le détroit del Rio, là on se croirait dans un décor de cinéma. Et pourtant non c’est bien réel. On en prend plein les yeux.
Il y’a peu de places, et il faut donc réserver à l’avance. On apprendra ça à la Playa Francesa. Réserver comment ça ? en fait soit il faut réserver depuis Grande Canarie, soit depuis ? Gibraltar ou Madère ? par email. Drôle de pratique, moderne mais en complète contradiction avec la navigation à voile qui ne nous permet jamais de dire quel jour on va se présenter dans un port et pour combien de temps.
D’ailleurs, on pensait y rester 2 nuits, puis 4, finalement ça sera 9 !
On a rejoint le port à pied depuis la playa Francesa (environ 45 minutes avec les enfants le long de la côte) une première fois pour demander s’il y’a de la place et ‘réserver’ pour le lendemain, mais c’était l’après-midi et la capitainerie (une toute petite bicoque sans pancarte) est ouverte que de 8h à 14h, ah zut, donc rebelote le lendemain matin, quelques kms à pied aller-retour, on attend le responsable du port qui est allé prendre son café, et finalement oui on peut venir dans la journée, car un voilier s’en va. Retour au mouillage et direction le port avec MOANA.
Le capitaine du port est un homme doux, charmant, souriant et accueillant, il ne parle pas français et très peu l’anglais, mais on a pu se comprendre sans problème. A notre demande en partant, il nous a même mis un tampon sur nos passeports, histoire d’avoir un souvenir (étant européens, ce n’est pas obligatoire pour nous) de notre passage aux Canaries.
Pour les papiers (présentation carnet de francisation, assurance, passeports,…), pas d’urgence non plus, on les a faits le troisième jour de notre séjour.
Prix du port : étonnamment bas,  10 euros  par jour pour un voilier comme MOANA, 8 euros pour un 10-11m, 3 euros pour un 6,50 m !
Mais à ce tarif là, il n’y a pas d’électricité. Etant donné le vent qui souffle fort pendant notre séjour, pas de problème, l’éolienne nous a permis de tenir la charge. Pas beaucoup de soleil par contre. Pas d’essence au port pour l’annexe, mais du gazoil pour le bateau.








un glouglou ?

un héron blanc




un des ferries-navette qui fait l'aller retour quotidiennement jusqu'à Lanzarote (ville de Orzola au nord)


Lorsque le vent est fort de secteur sud, on pourrait croire que Lanzarote protège Graciosa, il n'en est rien, le vent court le long des falaises de Lanzarote, s'accélère et s'engouffre sur la Graciosa. Le petit paradis devient l'enfer, et le mouillage de Playa Francesa est déserté, ou dévasté.






L’eau (douce) au port

L’eau est disponible sur les pontons, mais pas d’eau chaude aux sanitaires, situés à côté de la capitainerie, douches publiques, pas de clef, et pas de lumière !
On a fait un gros investissement (6 euros) dans une douche solaire. Ce qui permet de se laver avec de l’eau chaude après les balades très poussiéreuses sur l’île. Le hic, beaucoup de vent sur les pontons. L’eau provient d’usines de dessalinisations installées sur Lanzarote.


L’électricité
Pas d’électricité aux pontons. Les bornes sont installées depuis des années, mais rien n’est connecté, c’est comme ça à Graciosa, on prend le temps de vivre, personne n’est pressé…
L’électricité est acheminée depuis Lanzarote, par câbles sous-marins.


Le camping

Il y’a une aire de camping, à 5 minutes du port, avec des douches et toilette. L'eau y est fraiche mais à l’abri du vent.  Au moins c’est certain, on ne gaspille pas d’eau ici, on reste sous la douche juste le temps nécessaire ! Pour une île aride, sans rivière, sans aucune ressource d’eau douce, ce n’est pas plus mal. Lorsque le soleil tape fort, ça ne pose aucun problème, mais avec le vent fort que l’on a eu, l’air était frais et ce n’était pas agréable de se laver. 
C’est quasiment du camping sauvage, rien n’est aménagé, pas d’électricité, mais juste des emplacements (même pas délimités) pour poser sa toile de tente. Il semblerait que le camping soit gratuit.
Pour ceux qui veulent passer une semaine ou quelques jours hors de la foule et du bruit, vous venez à Lanzarote en avion, et ensuite une navette quotidienne vous enmène à Graciosa, camping, location de vélos, volcans, randonnées et plages. Séjour calme et reposant, loin de l'agitation du monde.




Les déchets

Tri des déchets, conteneurs au début de la digue du port. Poubelles un peu partout le long de la plage du port et du village. Très peu de saleté pendant les balades que l’on a effectué.



Les copains

Au ponton, on a fait plusieurs rencontres, il y’a énormément de français, en couple, jeunes ou moins jeunes, ou en famille comme nous.



Fatiha et sa fille Moana (ça, si on avait voulu le faire exprès !!) du même âge que Louna.




David Vanessa et leurs jumeaux agés d’à peine plus d’un an, Iwan et Louise. Eux aussi sont bretons, et eux aussi en sont à leur seconde transat. Ils connaissent notre bateau, et l’équipage du SEMEDA, ils ont navigué en 2007 ensemble, entre le Brésil et la Guyane.


Les enfants se sont mis de suite à jouer ensemble, plage, peinture, jeux de pirates, pêche sur le ponton…

Pour les adultes, échange de livres, de vêtements, de jouets, de conseils, d’informations en tout genre.
Apéro et balade ensembles, voilà pourquoi, en plus des petites réparations, on aura passé 11 nuits au total sur Graciosa.



Peinture sur le ponton : par ordre de taille de droite à gauche, Louna, Moana, Manoa, Arthur, et Awen en face qui surveille.





Les plages

Plages du camping

Elle est à l’ouest du port, selon les marées, c’est une série de plusieurs jolies petites anses de sable, ou bien des rochers propices à la pêche aux écrevisses et aux escargots de mer.



les falaises du nord-est de Lanzarote en arrière plan



pleine lune, dans un décor de cinéma














Plage de la Conchas
C'est parti pour une randonnée de 4 km aller.
avec David et Vanessa, bébés dans le dos


La plage de la Conchas est la plus jolie de l'île, mais pour nous, la plus éloignée, puisque située à l’autre bout, au nord ouest. Vagues et courants importants, baignade dangereuse.



La plage est au pied du volcan Bermeja


un peu avant la plage de la Conchas, le coin des surfeurs


Les volcans
On aura gravi trois volcans sur les quatre de l'île pendant notre séjour.


Volcan Amarilla (173m)

On y est monté le lendemain de notre arrivée aux Canaries, il surplombe la playa Francesa.






vue au nord


vue à l'est


la playa Francesca en arrière plan





la petite baie turquoise au pied du volcan, où le mouillage est interdit et dangereux


tout en haut


 sur la crête, surplombant la caldeira


descente du volcan : plusieurs fois sur les fesses, car les pierres roulent 

la végétation qui se bat contre la sécheresse



Volcan Montana del Mojon (165m) : 
le plus proche du port et du village




la caldeira, avec un peu de verdure (le trou doit retenir l'eau)


vue au sud sur le volcan Amarilla



Une fois au sommet, on a trouvé un paravent de pierres pour le goûter


David et Iwan nous ont rejoint

tour de la caldeira par la crête 



 vue sur le village et le port



des cairns, sur lesquels les enfants ont ajouté leur pierre


retour au village, coin des moutons



Volcan Aguya Grande (266m) : l
e plus haut de l’île Gracisa, au centre.
On y est allé nombreux, Fatiha avec Moana, ainsi que les jumeaux accrochés au dos de leur parent.





 pause pique-nique avant l'ascension, et cerf-volant



Allez, on grimpe par la face ouest. L'ascension est difficile, il n'y a pas réellement de chemin comme sur les autres volcans, il faut improviser.



la plage Conchas et le volcan Bermeja en arrière plan


 volcans del Mojon et Amarilla, au sud


dernier effort le long de la crête


gagné, on est au sommet ! après presque 5 mois à l'altitude 0m, on a l'impression d'être sur le toit du monde...

le panorama est superbe





la caldeira de Aguya Grande : du rouge et du vert





nord de Lanzarote, et détroit del Rio


village et port de Graciosa


descente par le même chemin, la face Est étant trop pentue


et retour au village par la piste de sable



On quitte Graciosa le vendredi 22 novembre 2013. Direction Lanzarotte.




A bientôt les copains ! sur une autre île… ou sur un autre océan…

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